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Entretien avec Flora Coquerel – Miss France 2014 et présidente de l’association KELINA

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My Afro’Week félicite Flora Coquerel, classée dans le top 5 de l’élection Miss Univers 2015 le 20 décembre dernier à Las Vegas.

Une jeune femme passionnée et engagée qui a accepté de nous rencontrer au détour d’un café chartrain, le 9 Aout dernier. 
Engagements – anecdotes – sorties –  routine beauté et perspectives ? Flora Coquerel se dévoile à nous en toute simplicité. 
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– MAW : Peux-tu te présenter rapidement à nos lecteurs ?

Flora : J’ai 21 ans, d’origine franco-béninoise, j’ai commencé un BTS commerce international avant de me présenter à l’élection puis j’ai vécu l’aventure Miss France 2014. Une année qui m’a permis d’avoir de nombreux projets personnels et de les développer. J’ai notamment pu travailler tout ce côté caritatif qui me tenait vraiment à cœur, et mettre en avant ce que mes parents avaient commencé au Bénin.

Il faut savoir qu’à ses 20 ans, mon Papa, s’était engagé au Bénin comme volontaire du progrès pour développer au Bénin. C’est au cours de cette mission visant le développement de techniques d’agriculture et d’élevage qu’il a rencontré ma maman.

En France, ils ont poursuivi à deux cet engagement à travers différentes actions caritatives. Ils ont mené ces activités pendant de nombreuses années. Mais au fil du temps, avec les différentes difficultés rencontrées, leurs activités ont été moins nombreuses.

 

Le moment était mal choisi pour arrêter cette activité. Je me suis dit qu’il fallait profiter de l’élan Miss France pour booster tous nos projets.

Mon voyage au Bénin pendant mon année de titre m’a permis de me lancer. Malgré mon jeune âge et mon manque d’expérience, j’ai pensé qu’il ne fallait pas passer à côté de cette opportunité et j’ai créé mon association. Mes parents sont à mes côtés et sauront me guider.

Notre projet est en constante évolution. Au départ, je pensais créer une maternité qui puisse accueillir les femmes de la commune d’Aledjo, au nord du Bénin. A présent, nous souhaitons également créer un centre de santé de proximité pour assurer des soins de première nécessité. Nous cherchons également à développer la prévention auprès des populations locales.

 

– Quels sont les éléments qui ont été déterminants dans le choix d’implantation du centre ?

Il s’agit de la zone d’où est originaire ma Maman. D’ailleurs, ma Grand-mère y habite toujours.  Le terrain qui nous a été donné est celui où avait été construit à l’époque la maison où logeait mon papa lorsqu’il était volontaire du progrès. Cette maison a été transformée par la suite en dispensaire. Ce lieu n’étant plus exploité depuis plusieurs années, la mairie nous a offert ce terrain.

 

– Quelle est l’origine du nom de ton association?

Je cherchais un nom qui marque, qui fasse sens, un nom qui ne soit pas directement rattaché à mon image.

Dans le village où ma mère a grandi, il y a un rocher sacré nommé  KELINA. Au temps de l’esclavage, les gens du village se cachaient derrière ce rocher. Jusqu’à présent, c’est une représentation importante dans le village.

 

– Comment KELINA est-elle structurée ?

Pour le moment, je fonctionne vraiment avec mes parents. Nous sommes les trois piliers de l’association. D’autres membres de la famille, nous apportent leur aide. Par exemple, c’est ma grand-mère qui est à l’origine des fascicules de présentation de l’association. Nous sommes à la recherche de contacts intéressants qui puissent nous permettre de développer notre projet.

 

– Comment est organisée KELINA au Bénin ?

Mes parents ont beaucoup travaillé par le passé avec l’ONG ADRIA, spécialisée dans le parrainage d’enfants. Aujourd’hui, nous travaillons encore avec eux, ils nous apportent une aide considérable sur place.  De plus, j’ai encore beaucoup de membres de ma famille qui vivent là-bas.

Pour la petite histoire, ma grand-mère est mariée avec le chef du village d’Aledjo, ça aide à la prise de contacts !

J’ai toujours baigné dans cet univers caritatif. Lorsque j’étais enfant, je me rappelle que nous faisions des tournées dans des écoles ou dans des kermesses afin de récolter des fonds et de financer des actions. Je voyais les difficultés que nous rencontrions ici, et le bonheur que ça pouvait apporter aux personnes là-bas.

Du coup, cet engagement m’a paru naturel.

 

– Où en es-tu dans la poursuite de ce projet?

Le début des opérations est fixé pour 2016. Actuellement, nous sommes vraiment sur la phase de collecte de fonds.

Le projet ayant beaucoup évolué, l’objectif financier atteint le million d’euros.

C’est très difficile d’intéresser les gens. Je me suis rendue compte qu’il existe une certaine crainte à donner, les gens craignent que leur argent ne soit pas utilisé à bon escient, c’est pour cela que nous essayons d’être le plus transparent possible.

Toutefois, je ne perds pas espoir. J’essaie communiquer le plus possible sur mon association, de participer à différents événements, de distribuer des tracts…

J’ai déjà eu la chance pendant mon année de récupérer quelques cartes, quelques contacts intéressants.

 

– L’image que l’on a de la notoriété de Miss France nous pousserait à croire que toutes les démarches s’en retrouvent facilitées. Qu’une miss est énormément entourée et que, par conséquent, tous ses projets peuvent alors facilement se concrétiser. A t’entendre parler, ça a l’air bien plus compliqué.

Effectivement, c’est bien plus difficile que ce que l’on peut s’imaginer.  La société Miss France a créé ses propres associations, et s’occupe déjà de ses propres projets. J’ai dû monter moi-même ma structure. J’avais envie d’y mettre ma griffe, mes envies, mes projets. Ce n’était pas facile.

 

 – Le projet aurait-il eu lieu sans miss France ?

Il aurait peut-être pu avoir lieu, mais pas maintenant, et pas avec autant de possibilités. Nous avions de nombreuses idées auparavant. Mais mon couronnement et mon voyage au Bénin ont été de véritables éléments déclencheurs. J’ai pu identifier les besoins sur place. J’ai rencontré le président du Bénin, et d’autres personnes très influentes.

 

 – Avais-tu déjà voyagé au Bénin auparavant ?

Mon dernier voyage, avant le sacre, datait d’au moins sept ou huit ans.  Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion d’y aller entre temps. Les billets coûtent assez chers pour partir en famille.

 

  – Comment peut-on t’aider dans ton projet ?

Le meilleur que l’on puisse faire pour l’association, c’est déjà d’en parler.  Pour le moment, nous ne recherchons pas de bénévoles à envoyer sur le terrain. Nous cherchons déjà à remplir nos objectifs financiers afin de pouvoir monter toute notre organisation.

Tous les dons sont les bienvenus. L’année dernière, j’ai eu la chance de participer à l’émission Fort Boyard, et du coup, j’ai pu récupérer un peu plus de 7000€. Ça représente un don très important.

Nous avons aussi notre site internet par le biais duquel il est possible d’effectuer des dons au bénéfice de KELINA. Il n’y a pas de petits dons. Une personne qui ne peut nous donner qu’un euro, nous montre de cette manière son intérêt pour notre projet, et ça ne peut que nous motiver.

 

– Le fait que tu œuvres pour un projet au bénéfice du Bénin t’a-t-il déjà freiné dans ton parcours de Miss France ?

J’ai une anecdote effectivement. Il m’avait été proposé de participer à un événement, hors du cadre Miss France,  à l’issu duquel un chèque au bénéfice de l’association de mon choix m’aurait été remis.

La personne qui m’avait conviée n’était pas au courant que j’avais ma propre association. Lorsque celle-ci a su que les fonds étaient destinés au Bénin, il m’a été proposé de choisir une autre association avec laquelle je partagerai les dons, afin qu’une partie de cette somme puisse revenir à une association française.

Avec le comité Miss France, la question ne s’est jamais posée car KELINA est vraiment un projet personnel. Durant mon titre, je participais à des événements caritatifs en France. J’ai mon association, mais ça ne m’empêche pas de participer et d’apporter mon image à d’autres causes. Cette année, je travaille notamment avec le collectif Les voix des  femmes qui lutte contre les violences faites aux femmes.

 

– Tu souhaitais devenir styliste. Est-ce toujours dans tes projets de carrière ?

Je voulais effectivement devenir styliste. A l’époque, je dessinais beaucoup de modèles et j’adorais ça.  Je voulais entrer dans une école de stylisme. Et puis je me suis interrogée sur ma volonté d’intégrer une école, d’être un peu enfermée et de laisser passer les opportunités éventuelles qui se présenteraient à moi. Le titre de Miss France a des conséquences très particulières : on est très médiatisé pendant un an et l’année d’après, on retourne à une vie beaucoup plus calme.

J’ai choisi de profiter pleinement de ces opportunités, et c’est vrai que j’ai mis ce projet de côté. Je sais que le stylisme m’a toujours plu, et c’est une ambition que je ne perds pas de vue. Je pense que je saurai trouver le moment adéquat pour m’y consacrer.

 

– La mode d’inspiration africaine connait un essor de plus en plus marqué à l’international. T’y intéresses-tu ?

Oui bien sûr. J’aime beaucoup. On voit actuellement de nombreux articles avec des imprimés africains. Ça apporte une réelle fraîcheur et ça promeut le savoir-faire africain. J’adhère vraiment à cette belle vision qui consiste à mélanger les lignes européennes aux tissus africains, de mixer ce qu’il y a de bien ici, avec ce qu’il y a de bien là-bas.

 

– T’arrive-t-il de fréquenter des événements afro ?

Ça n’a pas été tellement le cas durant mon année de titre. A ce moment-là je n’avais pas tellement de disponibilités, le planning était déjà bien rempli.

C’est surtout après mon titre que j’ai été sollicitée par la communauté Afro. J’ai  assisté cette année à l’élection de la Miss Cameroun à Yaoundé… J’ai été invitée au Congo et au Gabon et dans quelques régions d’outremer, en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe et à Saint-Martin…

Ici, j’ai pu faire la couverture du magazine Roots.  J’ai la chance d’avoir une partie de la communauté derrière moi, et notamment la communauté Béninoise.

 

–  Quelles sont tes sorties, tes distractions ?

J’aime beaucoup le cinéma. Je peux y aller trois fois par semaine. Dernièrement j’ai été voir Terminator avec mon frère. Et j’attends Mission Impossible. Je suis très fidèle en amitié. J’ai un groupe d’amis que je fréquente depuis plusieurs années. Je suis également très famille, donc dès que j’ai du temps, je le passe avec mes proches.

 

– Quelle est ta routine beauté ?

Il est vraiment indispensable d’hydrater nos peaux, donc j’hydrate mon corps, mon visage… et mes cheveux.

J’ai les cheveux bouclés et de nature très sèche. Je les hydrate donc au maximum. J’utilise pour mes cheveux les produits des marques Mizani ou Activilong. Je ne me maquille pas beaucoup, d’autant plus que pendant l’année de titre nous sommes maquillées à outrance. Ma peau avait besoin de respirer. J’aime beaucoup de produits sains et naturels, et notamment le karité.

Côté maquillage, je mélange un fond de teint Black Up avec un fond de teint de chez Bobby Brown parce que je suis toujours insatisfaite de la teinte ou de la texture. Il faut que ce soit très léger. Un peu de mascara, un peu de blush et je termine par une touche de parfum. En ce moment, c’est le Miss Dior.

 

 – Et enfin, quels sont tes prochains projets personnels ?

J’ai obtenu cette année mon BTS en commerce international.Après deux choix s’offrent à moi, continuer en licence ou intégrer une école de mode. Pour le moment je ne me suis pas encore décidée.

Je vais me laisser un peu de temps. J’ai quelques projets. J’ai envie de prendre du temps pour moi…J’aimerais me mettre aussi à la photo. Pourquoi ne pas voyager? Voir un peu comment ça se passe ailleurs, notamment aux Etats-Unis…

Merci Flora pour ta gentillesse et ta disponibilité.                                  


Propos recueillis par Chrystèle A. 

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